Rapport de la Cour des comptes: Le silence coupable de Nabil Karoui


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Depuis la fin de la semaine dernière et la publication du rapport de la Cour des comptes sur le financement des élections présidentielle et législatives de 2019 qui a fait état de multiples violations de la loi par le candidat à la présidentielle Nabil Karoui dont le financement étranger de campagne, le dépassement du seuil légal de financement et autres infractions graves, l’affairiste véreux se mure dans le silence, de même que son parti. Un double silence coupable.

Par Imed Bahri

Sale temps pour Nabil Karoui. Nessma TV, son instrument de propagande médiatique pour exécuter son agenda politique, enjoliver son image et celles de ses amis et détruire la réputation de ses adversaires, demeure dans l’illégalité. En effet, l’amendement du décret-loi 116 présenté par ses alliés de l’alliance islamo-populiste Al-Karama, qui allait lui permettre de régulariser la situation de sa chaîne, n’a pas abouti. Un vrai camouflet pour le sulfureux affairiste déjà poursuivi en justice pour de multiples affaires de fraude fiscale, de corruption financière et de blanchiment d’argent, et qui demeure interdit de voyage et ses comptes bancaires gelés.

Et comme si toutes ses casseroles que traîne l’affairiste allié des islamistes d’Ennahdha et d’Al-Karama ne suffisaient pas, voilà qu’il est rattrapé par ses violations de la loi électorale durant les élections.

Nabil Karoui et la loi, ça fait deux

La Cour des comptes dans son rapport rendu public à la fin de la semaine dernière contenant des pages entières sur les multiples transgressions de la loi par Karoui dont le fameux contrat de lobbying avec la société Dickens and Madson de l’ancien agent du renseignement israélien Ari Ben-Menashe l’a mis en cause pour ce contrat dont la valeur s’élève à la coquette somme d’un million de dollars soit presque 3 millions de dollars tunisien alors que le seuil maximal des dépenses électorales est d’un million de dinars, par conséquent Nabil Karoui a dépensé seulement pour ce contrat trois fois le seuil légal maximal!

Autre violation de la loi et non des moindres, le contrat n’a pas été payé via la Tunisie mais via des comptes bancaires à Dubaï et autres pays étrangers ce qui rentre dans le cadre du financement étranger d’une campagne électorale, ce qui est illégal et tombe sous le coup des sanctions pénales. Pour un pareil délit, l’affairiste véreux risque 5 ans de prison ferme.

Également, la Cour des comptes accuse l’affairiste d’avoir utilisé l’association Khalil Tounes à des fins électoralistes. D’ailleurs à part les naïfs, tout le monde sait que cette association était le sous-marin électoral de l’affairiste avant de présenter sa candidature et d’ailleurs son socle électoral le plus important vient de la part des bénéficiaires des aides de ladite association. Le rapport consigne également une myriade d’autres infractions, ce qui n’est pas étonnant, Nabil Karoui et la loi, ça fait deux!

Un silence doublement coupable

Mais le plus étonnant c’est que le bavard affairiste qui adore la lumière et qui adore encore plus que l’on parle de lui, se mure dans le silence depuis la parution du rapport de la Cour des comptes et son parti Qalb Tounes n’a même daigné répondre aux accusations de la Cour des comptes, qui est une juridiction du système juridique tunisien consacrée par la Constitution. Non, c’est le mutisme. Le silence de Karoui et de son parti est un silence doublement coupable. La vérité l’a rattrapé, ses scandales l’ont rattrapé et il a peur de se compromettre davantage s’il parle, il espère que la tempête passe et que les Tunisiens s’occupent d’autres sujets.

Toutefois l’un de ses principaux lieutenants, le très culotté Yadh Elloumi était invité aujourd’hui sur les ondes de la radio Shems FM et la question sur le contrat de lobbying s’est imposé. Et bien le député a répondu avec un mépris total des institutions de le République et une mauvaise foi sidérante: «La Cour des comptes s’est basée dans son rapport sur Facebook». Elloumi croyait ainsi balayer d’un revers de main l’accusation grave qui accable son patron mais en réalité, il accable davantage ce dernier car le financement étranger pénalement illégal et à hauteur de trois millions de dinars a été reconnu et prouvé par le ministère américain de la Justice qui sur son site internet avait publié le contrat de lobbying avec Dikens and Madson et Nabil Karoui fait l’objet d’une poursuite judiciaire aux États-Unis.

Jusqu’à quand Karoui et sa cour de menteurs et de bluffeurs vont-ils continuer leur fuite en avant? Il est certes soutenu par le chef du gouvernement Hichem Mechichi, protégé par ses amis d’Ennahdha et ménagé par une justice qui traîne les pieds mais sa réputation est compromise pour toujours à l’intérieur et l’extérieur de la Tunisie et il ne pourra rester éternellement intouchable.




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