Nabil Karoui risque 5 ans de prison pour financement étranger de sa campagne électorale


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Nabil Karoui et son lobbyiste israélien Ari Ben-Menashe.

Les frais du cabinet de lobbying Dickens and Madson d’Ari Ben-Menashe, l’ancien agent du Mossad, le service de renseignement israélien, chargé par Nabil Karoui de faire la communication de sa dernière campagne électorale pour la présidentielle à partir de l’extérieur, ont été payés par des comptes basés à l’étranger.

Le rapport de la Cour des comptes sur le financement des élections de 2019, remis hier, jeudi 5 octobre 2020, au président de la république, Kaïs Saïed, au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, et au chef du gouvernement Hichem Mechichi, revient sur les détails de cette opération qui avait fait couler beaucoup d’encore la veille de dernières élections. On apprend dans ce rapport ce que l’on sait déjà, à savoir que le contrat avec Ben-Menashe a été conclu avec des personnes proches de Nabil Karoui et que le lobbyiste a été payé, notamment, par un chèque émis des Emirats arabes unis à partir d’un compte appartenant à Amel Smaoui, l’épouse de M. Karoui. Or, une pareille opération rentre dans le cadre du financement étranger de la campagne électorale du patron de Nessma TV et tombe sous le coup de la loi.

Selon l’article 163 de la loi électorale tunisienne, et en tenant compte de l’article 80, une liste ou un candidat qui finance sa campagne électorale par des fonds étrangers est sanctionné par une amende dont le montant équivaut entre 10 et 50 fois la valeur du financement étranger prouvé. Pire encore, en cas d’élection, les membres de la liste ayant bénéficié de ce financement perdent automatiquement leur siège au parlement.

Est-ce à dire que Qalb Tounes risque de perdre tous ses sièges à l’Assemblée?

S’agissant d’un candidat à la présidentielle, le bénéficiaire d’un financement étranger, et c’est le cas de Nabil Karoui, risque jusqu’à 5 ans de prison. Encore faut-il que le rapport de la Cour des Comptes ait une quelconque valeur aux yeux des trois têtes de l’Etat et qu’il soit suivi d’effet sur le plan judiciaire.

En attendant d’y voir plus clair dans cette sombre affaire, dans cette république bananière de Tunisie, une véritable démocratie d’opérette, M. Karoui continue de faire le tour des médias audio-visuels et de hanter les couloirs du palais de la Kasbah, marquant à la culotte le chef du gouvernement, pour emprunter le jargon des footballeurs, et lui dictant même certaines de ses décisions.

Imed Bahri




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