Mohsen Marzouk : «Les menaces d’Ennahdha ne font plus peur à personne»


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Après que Hichem Mechichi a annoncé un gouvernement de compétences nationales indépendantes des partis, le président de Machrou Tounes, Mohsen Marzouk, a affirmé qu’il est tout à fait favorable à cette idée, invitant le mouvement Ennahdha à «arrêter ses menaces»…

Dans un statut Facebook publié hier soir, 10 août 2020, Mohsen Marzouk, a indiqué que depuis novembre 2019, son mouvement appelait à un gouvernement de compétences non-partisanes. «Nous l’avons fait avant le gouvernement Jemli, nous avons réitéré la même position avant celui de Fakhfakh et enfin lors de l’annonce de la mission de M. Mechichi», a-t-il écrit.

Marzouk a ajouté que la position de son parti était bâtie sur «une lecture claire» : «la scène parlementaire divisée et sans majorités après les élections de 2019 ne conduira pas à la mise en place d’un gouvernement de partisan stable».

Il a, par ailleurs, rappelé qu’il avait proposé un gouvernement de compétences indépendantes ainsi qu’un «congrès national de sauvetage» supervisé par le président de la république et les organisations nationales en vue de passer à la «Troisième République».

«Le gouvernement de compétences non-partisanes n’est pas une hérésie en démocratie (il y a des exemples en Italie, en Grèce et dans de nombreux pays). C’est plutôt le seul recours lorsque les parlements sont divisés et incapables de produire des gouvernements stables et que la situation devient une menace pour le pays et le peuple. L’objectif n’est pas non plus de contrarier les partis. C’est une réponse à une situation spécifique», a développé l’ancien secrétaire général de Nidaa Tounes.

Sur un autre plan, il a tiré à boulets rouges sur Ennahdha, qui souhaite et n’hésite pas à le faire savoir, gouverner et en ayant la plus grande représentativité, elle et son partenaire Qalb Tounes, étant les partis classée premier et second aux dernières élections.

«Aujourd’hui, Ennahda doit assumer la responsabilité des menaces qu’il lance. Qu’il soit clair pour ce parti et pour ceux qui sont derrière lui qu’il ne fait plus peur à personne, que toute menace à la sécurité nationale sera affrontée par les Tunisiens et qu’il en paiera le prix fort», a lancé Mohsen Marzouk.

En effet, les dirigeants du parti islamiste, à l’instar d’Ali Larayedh, mécontents de la décision de Mechichi d’opter pour un gouvernement indépendant des partis, évoquent de plus en plus la possibilité de saboter les projets de lois du prochain gouvernement en l’absence d’une large ceinture parlementaire pour ce dernier. C’est probablement à ce genre de propos que Marzouk fait allusion, estimant qu’il s’agit de menaces indirectes.

C. B. Y.




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