En «offrant» le Golan syrien à Israël, Trump souffle sur la braise

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Le Golan syrien occupé par Israël.

Le «cadeau» du Golan syrien, fait à Israël par le président américain, Donald Trump, intervient comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans une situation suffisamment explosive en elle-même.

Par Jamila Ben Mustapha *

Concernant les causes qui ont été à l’origine de la création d’Israël et de la dépossession progressive de la Palestine, usurpée à ses habitants depuis 1948, ce sont les nazis, parmi les Allemands, qui ont accompli le génocide d’une grande partie des juifs.

Mais, c’est actuellement nous, les Arabo-musulmans, à qui on fait porter le chapeau de ce sinistre crime en étant prêt à nous traiter à tout bout de champ, pour un oui ou pour un non, d’antisémites, comme si, sémites, nous ne l’étions pas nous-mêmes.

Aveugles devant les injustices criantes du présent

Quand on reconnaît tout de même que nous subissons de temps en temps un racisme destructeur (comme l’extermination, le 15 mars dernier 2019, de 50 Musulmans abandonnés à la prière, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande), on affirme alors que nous sommes victimes, non de «l’antisémitisme», mais de l’«islamophobie».

Les êtres humains n’ont la vocation que de reconnaître les atrocités collectives passées : esclavage des noirs, extermination des indiens en Amérique, des juifs en Europe sous Hitler, crimes colonialistes…, une fois qu’il n’y a plus aucun enjeu, aucun risque à le faire. Par contre, ils ont l’art d’être aveugles devant les injustices criantes présentes contre lesquelles, justement, il serait efficace de réagir.

Les nouveaux juifs du 21e siècle, à savoir les Palestiniens, sont en train d’être agressés, tués de temps à autre en une fois, ou à petit feu continuellement, par exemple à Gaza, réduits à subir la vision permanente des décombres de leurs maisons détruites, spoliés plus généralement de leurs terres selon un plan à long terme qui ne compte aucunement s’arrêter et poursuit une expansion de plus en plus large, tout cela dans l’indifférence générale, y compris celle de la plupart des Arabes.

Le terrorisme jihadiste est condamné en soi, comme un fait indépendant, en Occident, sans que l’on veuille voir la braise, le boutefeu qui l’alimente : la destruction récente et systématique de plusieurs pays musulmans et arabes : Afghanistan, Irak, Libye et Syrie, avec la complicité sinon la participation directe des puissances occidentales.

Le courage intellectuel de Michel Onfray

Le philosophe Michel Onfray a eu le courage, dans une de ses interventions à la télévision, d’établir un rapport entre les attentats terroristes qu’ont subis, à l’époque récente, les pays occidentaux, et les guerres qu’ils ont menées depuis 1990 et qui ont fait plusieurs millions de morts, sans compter les malades, les traumatisés à vie, les handicapés et les réfugiés.
Mais ce lien entre l’action et la réaction, la cause et l’effet, est le lieu d’un aveuglement volontaire, de la part des puissants de ce monde.

Il y a, en fin de compte, une certaine bêtise, de la part des pays ivres de leur force, exerçant une répression féroce sur les pays faibles et croyant gagner une fois pour toutes, sur tous les plans, à négliger un détail important : l’alimentation du cercle vicieux des massacres et l’effet boomerang qu’ils vont recevoir en plein visage, tôt ou tard, de la part de ceux qu’ils se sont appliqués à mépriser.

* Universitaire et écrivaine.

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