Football et politique : Mohamed Ali Akid, le Khashoggi tunisien

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Alors que le très controversé héritier du trône saoudien Mohamed Ben Salman dit MBS sera en visite à Tunis, demain, mardi 27 novembre 2018, et que la visite dérange beaucoup vu le caractère brutal du jeune homme, suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dont on l’accuse d’être le commendataire, retour sur l’histoire du Khashoggi tunisien, Mohamed Ali Akid.

Feu Mohamed Ali Akid, footballeur du Club sportif sfaxien (CSS) et international tunisien a participé à la première Coupe du monde disputée par la Tunisie, celle de 1978 en Argentine.

Par la suite, il intègre le club Al Nasr de Riyad, en Arabie saoudite, mais sa carrière s’arrête brutalement le 12 avril 1979 à seulement 29 ans. Il décède dans des conditions mystérieuses. Il avait laissé chez lui à Sfax une jeune veuve et un tout petit garçon qui n’ont su qu’une partie de la vérité que 33 après.

Un lourd secret trop bien gardé

Oui, 33 ans après car en 1979, au moment du décès d’Akid, les Saoudiens avaient annoncé en prenant les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages qu’une foudre s’était abattue sur le joueur lors d’une séance d’entraînement et qu’il décéda sur le coup. Il fut foudroyé. Une version tirée par les cheveux comme au début de l’affaire Khashoggi où ils avaient raconté n’importe quoi.

Le corps du défunt fut rapatrié à Sfax et le pouvoir tunisien de l’époque joua le jeu et intima l’ordre pour que le cercueil ne soit pas ouvert et que le corps soit enterré dans le cercueil. La famille n’a même pas vu son fils, n’a pas pu lui faire un dernier au revoir. Et il fut enterré dans le cercueil.

Selon le médecin légiste, Akid est mort par balles

La famille Akid fut même menacée et acculée de se taire. Pas de questions. Leur droit de connaître la vérité sur les conditions du meurtre du fils aimé était un détail aux yeux des autorités qui ne voulaient pas froisser les riches copains saoudiens. Cette opacité totale sur cette mort suspecte et mystérieuse avait alimenté beaucoup de rumeurs et Dieu sait si notre peuple raffole des commérages et de jouer «aux bien informés» pour épater l’entourage.

Ce n’est qu’en 2012 que le fils du célèbre attaquant, qui a toujours vécu avec cette frustration, a présenté une requête à la justice pour que le corps de son père soit exhumé et examiné par un médecin légiste ce qui fut fait. Et que fut le résultat? Ni foudre ni racontar ridicule à la saoudienne, le rapport du médecin légiste a établi que Mohamed Ali Akid est mort par balles. Mais cela on le savait et on le chuchotait depuis, notamment dans le milieu du football, sans que personne n’ose transgresser la loi de l’omerta.

Reste à savoir qui a tué Akid? Comment? Pourquoi? On ne saura jamais la vérité. Du moins, jusqu’à nos jours.

 

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