Football tunisien : La valse des entraîneurs est permanente

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Trois entraîneurs sont tombés en trois jours : Khaled Ben Yahia (Espérance sportive de Tunis), Chiheb Ellili (Etoile sportive du Sahel) et José Riga (Club africain). Et rien n’indique que la valse va s’arrêter là !

Par Hassen Mzoughi

Le phénomène, très ancien, s’est poursuivi, en ce début du championnat tunisien, après la quatrième journée et le limogeage des entraîneurs de trois locomotives du foot tunisien. La nouvelle saison 2018-2019 ne sera donc pas exceptionnelle en termes de mouvements des entraîneurs.

La veille de la saison, 11 équipes sur 14 ont changé de patrons techniques et seules l’Espérance sportive de Tunis (Khaled Ben Yahia), L’Etoile sportive de Metlaoui (Afwan Gharbi), et l’Union sportive de Tataouine (Chokri Bejaoui) ont joué la continuité. Après seulement trois matches de championnat, Ben Yahia a perdu son poste. La défaite 2-0 contre le Club sportif sfaxien (CSS) marquait la fin de la présence de Ben Yahia sur le banc «sang et or».

Etat de panique permanent

En fait, il n’y a pas une crise de résultat à l’EST mais un état de panique permanent, du sommet de la hiérarchie jusqu’au dernier supporteur. On l’a vu après la défaite contre Al Ahly dans un match pourtant sans aucun enjeu en Ligue des champions (l’EST déjà qualifiée pour les quarts de finale), la sortie prématurée en Coupe arabe des clubs champions, et récemment après la défaite en demi-finale de la Ligue des champions, contre Primera de Angosto (1-0).

L’entraîneur adjoint Moine Chaabani succède à Ben Yahia pour poursuivre la difficile mission africaine mais le timing de cette séparation, à moins de deux semaines d’une demi-finale de la Ligue des champions, n’est pas sans nourrir quelques doutes.

L’Etoile sportive du Sahel a décidé, après son élimination en quarts de finale de la Ligue des champions devant l’EST, de commencer une étape de reconstruction en s’appuyant sur l’école belge. Chiheb Ellili laisse le poste, immédiatement après avoir battu l’US Monastir (5-3), à Georges Leekens, l’ex sélectionneur de l’équipe de Tunisie entre 2014 et 2015. Leekens était précédé le mois dernier de son collègue belge Christophe Dessy, nommé directeur technique des jeunes de l’ESS.

Un Belge arrive, un autre part : José Riga a été remercié par le CA pour mauvais résultats. Les dirigeants voulaient reconduire l’expérience Bertrand Marchand, mais l’affaire a capoté. C’est donc Chiheb Ellili qui renoue avec le club qu’il avait quitté en juillet 2017. Des trois étrangers, il n’en reste que 2 (Ruud Krol au CSS et Gérard Buscher au CSHL), après l’éviction de Riga.

La valse a démarré dès la 2e journée

Les séparations ont démarré dès la deuxième journée. Le premier partant était Hatem Missaoui, qui a rompu par consentement mutuel avec l’Avenir sportif de Gabès (ASG) après la défaite (2-0) contre le Club athlétique bizertin (CAB) à l’issue de la 3e journée. Arrivé aux commandes, Lotfi Sellimi a mené l’Avenir à sa première victoire de la saison, contre l’Etoile de Métlaoui. Combien de temps donnera-t-il encore satisfaction ?

L’Union sportive de Monastir (USM) n’a pas tardé à renvoyer son entraîneur, Kamel Kolsi, pour résultats insuffisants : un point glané en trois journées, mais son successeur Lassaad Dridi n’était pas plus chanceux. L’USM a été battu par l’Etoile du Sahel (5-3).

Habib Ben Romadane a résilié son contrat avec la Jeunesse sportive kairouanaise (JSK) pour aller exercer en seconde division en Arabie saoudite. Il a été remplacé par Ameur Derbal en tant qu’intérimaire.

Ces mouvements toujours continus sur les bancs techniques des clubs de Ligue 1 ne favorisent aucune stabilité, donc aucun programme de mise à niveau. Problème encore aggravé par un phénomène de plus en plus généralisé : les techniciens ne sont plus en mesure de passer une saison entière dans les clubs. Autrement dit, les ruptures iront crescendo, même pendant la phase aller. Allez avec ça mettre en place des projets et construire dans la durée et sur du solide !

Si vous voulez comprendre pourquoi le football tunisien porte-t-il si mal, vous tenez sans doute là, dans cette instabilité chronique des directions techniques des équipes, l’une des principales causes.

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