Mémoire du temps présent: Sur fond de canicule, de vacances et de procédures parlementaires Youssef Chahed joue… contre la montre !

Par ces temps de canicule et de fin de législature parlementaire, focaliser sur le départ et la démission du gouvernement paraît de plus inadéquat dans la mesure, où les urgences sont ailleurs ! Déconcentrer les hommes de la Kasbah par tant de rumeurs et de pressions, ne résoud aucun problème majeur.

D’ailleurs 5 groupes parlementaires des courants démocratiques et civils, au moins l’ont compris et réaffirment leur soutien à la stabilité gouvernementale au moins jusqu’à la rentrée politique en Automne.

Reste Ennahdha qui pourrait se joindre aux 5 groupes précités, malgré ses tentations à la Saint-Antoine, pour jouer le beurre et l’argent du beurre et ne pas effaroucher le «Boss» à Carthage qui tient à la mobilité du gouvernement en la personne de son Chef, tout en gardant une réserve tactique du côté de la Kasbah emballée par une éclaircie économique appréciable, soutenue par l’Europe, la Banque Mondiale et le FMI.

1149,1 millions de dinars et un plus de 17,7%, les chiffres du jour de la progression des investissements extérieurs jusqu’à juin 2018, donnent réellement à réfléchir à ceux qui «poussent»… Youssef Chahed vers la sortie, car, et c’est une première depuis la Révolution, qu’un Chef de Gouvernement soit «limogé» avec une bonne reprise de croissance et des investissements dans des domaines sinistrés il n’y a pas longtemps comme l’énergie, les mines et le textile (Tiens… le Kamour et les phosphates sont déjà oubliés), ainsi qu’une forte progression des investissements dans l’industrie et les services, le tout arrosé par les bonnes retombées de l’agriculture à l’export (huile d’olive et dattes) et surtout du tourisme qui renait de ses cendres.

Pour comparer l’incomparable, en Allemagne, c’est l’économie qui a sauvé la chancelière Angela Merkel, critiquée fortement pour ses positions humanistes sur l’émigration et qui a été fortement ébranlée par les partis conservateurs de droite et son ministre de l’intérieur décidés à rapatrier tous ces réfugiés «encombrants». Mais, quand l’économie allemande affiche autant de solidité en Europe et dans le monde, au point que M. Donald Trump l’a qualifié de «pays riche», devant augmenter sa participation budgétaire à l’OTAN, la politique s’écrase et attendra des jours meilleurs, ou de nouvelles «gaffes» de la chancelière ! Mais jusqu’à présent c’est Mme Merkel qui impose sa vision et non ses adversaires. Par conséquent, l’argent est le nerf de la guerre et si cette percée économique se poursuit à un rythme ascendant, Youssef Chahed deviendrait «indétrônable» !

Ceci dit, le jeune Chef du Gouvernement joue contre la montre et je ne sais pas si le rythme de croissance pourrait annihiler les «assauts politiques» contre lui. Le Temps se fait court !

L’accumulation des problèmes est telle qu’il faut plus qu’un semestre pour voir plus clair et tout le monde est pressé d’en découdre avec ces problèmes de gouvernement «en sursis».

Deux choses pourraient finalement apaiser cette «campagne» estivale de la manœuvre. La progression continue de l’économie et là on ne peut que relever l’effort louable de certains ministres à ne pas perdre leur concentration pour conduire la finalisation des projets en cours et en relancer d’autres. Et puis les «vacances» parlementaires qui s’ajoutent aux tractations politiques prisonnières des «procédures» contraignantes, pour chaque changement global et en profondeur de gouvernement.

Y. Chahed pourrait être sauvé par cette complication procédurale à l’ARP en plus de l’effritement des forces agissantes et des groupes de partis.

Nida Tounès en est l’exemple type. Pas moins de 3 groupes parlementaires se partagent ses effectifs, en plus des sympathisants et «francs-tireurs ».

Entretemps la réalité tunisienne, plus amère que jamais, côté urbain, nous ramène au point de départ.

OK…. Nous avons de nouveaux (et nouvelles) maires. Elles et ils, se sont évertués à prendre eux-mêmes le «balai» et le tuyau d’arrosage en mains pour donner le signal à une campagne de propreté d’envergure. Premier résultat, un flop de surplace affligeant ! Prenez le temps de vous déplacer en ville, au quartier Lafayette par exemple, vous serez assommés par tant de négligences et de déchets qui trainent depuis la fable de la «Révolution» !!

Encore une fois… Boileau, mon cher Nicolas : «La critique est aisée… l’Art est difficile».

C’est bien de changer de maires… mais c’est, encore mieux de changer d’intendance, d’équipements, et surtout de discipline et de rigueur dans la gestion de nos villes… La fête est bien finie, après les célébrations en majorité «bleu» Roi du mysticisme envahissant.

Alors, nous attendons des villes propres… Tout simplement.

Le Chef du Gouvernement devrait s’y investir… un atout de plus !

Quand est-ce qu’on va comprendre que les plus grandes exigences actuelles des Tunisiens, c’est la sécurité et la propreté des villes, des plages et de l’environnement !

K.G.




Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*