Il était une fois Hédi Jouini

Dressant un portrait émouvant du grand artiste Hédi Jouini, le film « Papa Hédi » sera projeté dans le cadre du festival « Manarat ». Réalisé par sa petite-fille, Claire Belhassine, ce documentaire réunit témoignages et documents d’archives et nous offre de belles retrouvailles avec le crooner de la chanson tunisienne…

Très attendu après ses projections au Festival des cinémas arabes de Paris et au Dubai International Film Festival, le film « Papa Hédi » est enfin en Tunisie. D’abord projeté dans le cadre d’une avant-première à l’Agora de la Marsa, l’oeuvre de Claire Belhassine – qui n’est autre que la petite-fille de Hédi Jouini – va connaître le 13 juillet à 22h30 sa première projection publique. L’événement sera festif puisqu’il aura pour cadre la plage de la Marsa pour une séance en plein air inscrite au programme du festival « Manarat ». Le film sera ensuite distribué dans le circuit commercial à partir du 26 septembre prochain.

Un documentaire de 86 mn basé sur destémoignages et des archives
Le film de Claire Belhassine est un vibrant témoignage à la mémoire d’un grand-père dont elle a découvert tardivement qu’il était une star. Intitulée « The Man Behind The Microphone », la version originale de ce film est en anglais, sous-titrée en français. L’oeuvre est une coproduction qui associe trois pays: la Tunisie, le Royaume Uni et le Qatar. Notons également le soutien qui s’est avéré décisif de la Fondation Rambourg. D’une durée de 86 minutes, ce film est plus qu’un documentaire puisqu’il restitue le parcours d’une descendante à la recherche de son aieul, proposant ainsi une mise en abyme de l’oeuvre du grand Jouini mise en regard avec le récit de sa petite-fille qui, enfant, s’était toujours demandé qui pouvait donc être ce monsieur derrière le micro dont les photos se comptent par centaines dans les albums de famille.
Le choix du titre « Papa Hédi » s’est naturellement imposée pour la version locale de ce film qui comprend les témoignages de plusieurs artistes, d’intellectuels et de membres de la famille de Hédi Jouini dont le parcours d’artiste est raconté dans cette oeuvre. Toute la vie du chanteur défile sous nos yeux avec ses succès, ses choix difficiles, ses hésitations et ses grandes joies. C’est un Jouini intime qui renaît par la grâce d’une narration qui oscille entre la tendresse et la nostalgie. C’est aussi le Jouini que nous connaissons tous qui est au centre de ce film qui restitue l’univers d’un artiste incomparable et le répertoire toujours en vogue d’un musicien qui a rénové et dépoussiéré la chanson tunisienne.

Une réalisatrice à la recherche de ses racines
Claire Belhassine a su créer l’alliage parfait entre les nombreux documents qui comptent aussi bien des photographies que des extraits de concerts voire des séquences intimes montrant l’artiste avec sa famille. Les témoignages interviennent en contrepoint et éclairent la personnalité de l’artiste et certains aspects peu connus de sa vie.
La narration de l’auteure vient compléter ce dispositif comme un fil rouge qui rendrait compte d’une recherche des racines et d’un véritable parcours initiatique.
Car en retrouvant pleinement son grand-père, la réalisatrice s’accomplit et comble une absence. profondément humain, ce film est aussi léger qu’une ritournelle, une de ces rengaines de Papa Hédi dont nous connaissons tous par coeur le répertoire.
Un souhait pour conclure. Ce film mériterait amplement d’être projeté dans le cadre des soirées cinéma qui suivront, en août, le Festival international de Carthage.
Cela n’altérerait en rien sa sortie commerciale de septembre et offrirait au public une soirée de retrouvailles avec l’un de nos plus grands artistes du vingtième siècle.
D’ailleurs, Carthage avait réservé à Hédi Jouini la plus vibrante des ovations lors de ce qui demeurera comme son dernier concert sur la scène d’un festival auquel il avait beaucoup donné

Hatem BOURIAL




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