Municipales : L’islamiste Saida Ounissi en mode féministe

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Saida Ounissi, la très transparente secrétaire d’Etat à l’Entrepreneuriat et à la Formation professionnelle, se dit choquée par l’exploitation de l’image de la femme lors de la campagne électorale des municipales du 6 mai 2018.

Selon la dirigeante du parti islamiste Ennahdha, l’image de la femme a été sur-exploitée durant les deux premiers jours de la campagne électorale comme sous l’ancien régime de Ben Ali.

«Alors que je me bas pour la reconnaissance du droit de toutes les femmes à devenir des représentantes politiques légitimes, il m’est difficile de voir sans réagir la manière dont tous les partis politiques mettent en avant des femmes dans le seul but d’en faire des véhicules de leurs slogans. Des femmes portant un foulard pour les régions dites conservatrices, des femmes en jeans moulants pour la banlieue nord, des femmes jeunes pour les quartiers populaires, des femmes issues de la bourgeoisie pour les grandes villes. Nous ne nous sommes pas battues pour cela. Nous n’avons pas exigé la parité en politique pour être utilisées comme des porte-drapeaux ou pour se laisser imposer, une fois de plus, comme à l’époque de la dictature, une seule et unique bonne façon d’être femme en politique», a-t-elle écrit dans un post publié sur son compte Facebook, dimanche 15 avril.

Mme Ounissi a, par ailleurs, assuré que les femmes, connues pour leur activisme et leur militantisme au sein des partis politiques, seront mises à l’arrière-boutique, dès que les élections seront finies, car elles ne seront pas assez belles et élégantes selon les canons de l’époque.

La secrétaire d’Etat a également pointé du doigt le recours de certains partis, lors du coup d’envoi officiel de la campagne électorale, au bendir et à la zokra (cornemuse) et aux feux d’artifice.

«Cette « rcdisation » (allusion au RCD, l’ancien parti au pouvoir, Ndlr) de la mobilisation politique,  reprise par tous les partis politiques, est dépassée et inefficace. Les citoyens d’aujourd’hui ne sont pas ceux des années 90. Nous avons une responsabilité collective dans l’effritement de l’intérêt citoyen pour la chose politique. Ce n’est pas en utilisant les références d’une autre ère que nous allons le ressusciter. Par contre, le dialogue, l’écoute, la pédagogie, qui ne peuvent passer que par une posture faite d’humilité et de modestie, sont la condition sine qua non pour faire mentir les sondages et encourager les uns et les autres à aller voter le 6 mai», a-t-elle écrit.

Saïda Ounissi, qu’on aurait aimé entendre en tant que secrétaire d’Etat mais qui a brillé jusque-là par son mutisme et sa quasi-absence de la scène publique, semble avoir oublié qu’Ennahdha est le premier parti a avoir exploité l’image de la femme, en choisissant comme tête de liste à Sidi Bou Said, Salima Ben Soltane, alias « Sacha« , une fausse blonde BCBG, pour plaire à la bourgeoisie de ce village huppé au nord de Tunis.

Si c’est cela qui l’a écœurée, pourquoi ne le dit-elle pas clairement?

E. B. A.

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